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Vous avez peut-être vu passer ces dernières semaines des articles mettant en avant le fait que, ça y est, c’est prouvé, '"la longue attente entre deux saisons est responsable de la chute des audiences” ! Ces articles se basent sur une étude de l’institut Luminate aux US que vous pouvez lire ici si le coeur vous en dit. Comme toujours avec Luminate, l’institut mélange un peu tout et tire des traits entre des choses qui ont peu à voir mais passons, cela nous donne un bon point de départ pour une analyse pour voir si c’est vraiment le cas.

Comme c’est une très longue analyse, je vais mettre un sommaire ici mais promis, je vous jure, c’est pas fait par IA !

Préambule : Aucune série ne “gagne” en audience.

Je pense qu’il faut commencer par l’évidence : aucune série ne gagne en audience. J’ai déjà évoqué le sujet en long en large et en travers dans un article que vous pouvez lire ici pour évoquer les audiences des saisons 2 des séries Netflix ces derniers temps, article qui constitue un bon compagnon à cette analyse.

Pourquoi je dis ça, pour celleux qui n’auraient pas lu mon précédent article sur le sujet ? Pour faire simple, à l’heure du streaming, personne ne découvre une série à son 3ème épisode de la saison 2. Quand vous cliquez sur la tuile du titre sur votre service de streaming, vous commencez inexorablement par l’épisode 1 de la saison 1. Il y a 30-40 ans, sur les chaines de TV traditionnelles, cela aurait pu être possible mais désormais, ce n’est plus le cas. Nous commençons tous par l’épisode 1 de la saison 1, l’épisode toujours le plus regardé d’une série en streaming.

Ce qui donne la perception d’une augmentation d’audience tient à la fenêtre d’observation. Si je vous montre ce graphique des audiences des 3 saisons de Squid Game sur Netflix sur les premiers 4 jours, on pourrait dire que la saison 3 fait mieux que la saison 2 qui fait mieux que la saison 1, ergo : “Squid Game a gagné en audience saison après saison !”

Mais si on dézoome un peu plus, sur les 91 premiers jours par exemple, voilà ce qu’on obtient : Squid Game saison 1 fait plus d’audience que la saison 2 qui en fait plus que la saison 3, avec un taux d’érosion fort entre la saison 1 et 2 puis un peu plus mesuré entre la saison 2 et 3.

La seule chose qui a augmenté, c’est l’appétence des fans pour la série sur les premiers jours de sa sortie, devenant toujours plus forte jusqu’à la sortie de la dernière saison, mais sur le long terme, l’épisode le plus regardé de Squid Game reste et sera toujours le 1er épisode de la saison 1.

On retrouve ce genre d’erreurs d’analyse dans des séries hebdomadaires au sein d’une même saison. Prenez ce blousque par exemple qui revient sur Lanterns, la dernière série de HBO Max qui aurait atteint son pic d’audience pour son 3ème épisode avec 10 millions de téléspectateurs.

Qu’est-ce qui permet ce miracle ? La réponse est dans la suite du blousque : l’épisode 1 en est lui à 20 millions de téléspectateurs depuis sa sortie. Donc ce que l’épisode 3 a réussi à faire est d’attirer le plus de téléspectateurs sur une période donnée non dévoilée dans la méthodologie du décompte de Warner Bros Discovery que les autres épisodes mais il y est parvenu parce que dans le même temps, encore plus de téléspectateurs ont découvert l’épisode 1 et l’ont apprécié assez pour faire des épisodes successifs un rendez-vous hebdomadaire. Mais 20 millions de téléspectateurs pour l’épisode 1 en 3 semaines et 10 millions pour l’épisode 3 en quelques jours, cela donne quand même une érosion de 50% entre le premier épisode et le troisième au global, même si ce taux va osciller par la suite. Mais il y aura toujours une érosion à l’intérieur d’une saison puis entre les saisons, que l’attente entre elles soit longue ou non.

On voit cela dans les Engagement Reports de Netflix pour des séries depuis longtemps terminées avec toutes les saisons déjà disponibles sur le service. 0 semaine d’attente entre les saisons, cela veut donc dire qu’il n’y a aucune déperdition d’audience, non ? Et bien si, pour absolument toutes les séries à plusieurs saisons.

Je n’en ai pris qu’une poignée pour ce graphique, à savoir House of Cards, Orange is the New Black, 13 Reasons Why et Unbreakable Kimmy Schmidt, mais toutes ont perdu en audience au fil des saisons, malgré le fait que la saison suivante soit à un seul clic.

C’est au final très logique, si on y pense : l’épisode 1 de la saison 1 est la porte d’entrée et chaque minute qui passe ensuite de chaque épisode est une porte de sortie potentielle. Je pense que comme moi, vous avez des séries commencées mais non terminées dans votre watchlist, parfois après deux épisodes de la saison 2 ou bien au milieu d’un épisode de la saison 3. C’est complètement aléatoire.

Donc, après ce long préambule, j’en reviens à mon observation initiale : aucune série ne gagne en audience après son premier épisode de la première saison. C’est juste une évidence. Ce qu’on a, c’est une glissade plus ou moins forte les épisodes suivants, alimentée par la vague au long cours des visionnages de cet épisode 1 de la saison 1.

Je pourrais donc balayer du revers de la main l’étude de Luminate sur ce point seul mais elle soulève un autre problème en creux, qui est lui plus intéressant à analyser.

Pourquoi les téléspectateurs accrochent ou décrochent d’une série ?

Ce qui me frappe dans cette étude, c’est que ce qui est principalement pointé du doigt dans la chute des audiences, c’est l’écart entre les sorties des différentes saisons alors que si des gens décrochent d’une série au cours d’une saison ou entre deux saisons, le coupable principal me parait être ailleurs. Mais si, vous savez de quoi je parle… Je parle bien sûr de la qualité de la série elle-même.

Si The Pitt arrive à si bien retenir ses téléspectateurs et à limiter l’érosion au maximum, c’est pas uniquement à cause de son rythme de diffusion hebdomadaire, c’est surtout qu’elle est principalement d’une qualité telle qu’elle garde captive la grande majorité de ses téléspectateurs initiaux et que ceux-ci reviennent en force pour la nouvelle saison. Certes, l’attente réduite peut jouer pour amoindrir l’érosion entre deux saisons mais la qualité de la série me parait être le principal facteur à étudier ici. Or, cet aspect n’est jamais abordé comme facteur important, voire plus important que le délai de sortie entre les saisons ou le rythme de diffusion. C’est sans doute parce que c’est un élément très difficile à quantifier.

Comment mesurer la qualité d’une série et son taux de décrochage ?

Difficile ne veut pas dire impossible et c’est donc ce que j’ai décidé de regarder dans mon étude sur le sujet : est-ce que la qualité (ou non-qualité) d’une série a un impact plus grand sur l’érosion des audiences que le délai de sortie entre deux saisons ? Pour cela, il faudrait avoir accès à plusieurs données dont nous ne disposons pas, comme le taux de satisfaction des téléspectateurs et le taux d’érosion épisode par épisode. Il m’a donc fallu trouver une méthodologie adéquate, qui reste imparfaite, et que je vous expose maintenant :

  • J’ai utilisé le site IMDb.com parce qu’il s’agit du plus grand site de notation public des films et séries qui existe, surtout depuis la fermeture de TV Time. Il est mondial même s’il a aussi des biais difficiles à ignorer, comme des notes qui subissent des fluctuations importantes en cas de “wokisme” détecté par une certaine frange d’utilisateurs. Le site semble aussi surindexer les utilisateurs indiens donc il n’est pas forcément représentatif du monde entier mais il faut bien commencer quelque part.

  • Pour déterminer le taux d’érosion, j’ai comparé pour chaque saison des séries étudiées la différence du nombre de notes sur le site entre l’épisode 1 d’une saison et l’épisode 3. J’estime que si des gens lâchent une série, c’est principalement entre l’épisode 1 et 3 mais là aussi, c’est forcément imparfait.

  • J’ai aussi essayé de déterminer les saisons qui fournissent une conclusion satisfaisante pour les téléspectateurs, en comparant la moyenne des notes des 3 premiers épisodes et des 3 derniers épisodes de la saison. Si la saison s’achève sur une moyenne en baisse, alors que les curieux ont lâché la rampe et qu’il ne reste a priori que les gens plus impliqués, on peut imaginer qu’ils ne reviendront pas tous la saison suivante. En revanche, si la moyenne des 3 derniers épisodes est supérieure à la moyenne des 3 premiers épisodes de la saison, on peut imaginer que les fans qui sont restés sont conquis et qu’ils reviendront la saison suivante au lancement.

  • J’ai aussi pris en compte la moyenne globale de ces deux lots d’épisodes (une série qui passe de 6.5 à 7.5 n’est pas tout à fait la même qu’une série qui passe de 8.5 à 9.5, même si le différentiel entre les deux moyennes est le même). Cela m’a permis d’obtenir via diverses formules un index de satisfaction des téléspectateurs qui ont pris la peine de noter les épisodes sur IMDb.

  • Ensuite, j’ai bien évidemment pris en compte les semaines d’écart entre les sorties des différentes saisons et pourn l’impact sur les audiences, j’ai regardé uniquement les audiences en millions d’EVCs des quelques premiers jours (entre 3 et 5) de chaque saison. Sur le long terme, tout se lisse comme dans l’exemple de Squid Game mais l’audience des quelques premiers jours est vraiment celle qui montre si les fans sont revenus ou non.

Qualité de la saison, taux d’érosion, audiences et délai d’attente, voici les 4 mesures que je vais tenter de mettre en interaction dans la partie qui suit.

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De la saison 1 à la saison 2.

Parmi les 4 indicateurs mentionnés, j’ai d’abord choisi de garder la qualité percue de la série et le taux d’érosion pour classer les séries dans 4 catégories :

  • The Elite : ces saisons de séries ont un meilleur maintien d’audience entre le 1er et le 3ème épisode et une meilleure qualité perçue que les autres.

  • The Comfort Traps : la qualité est inférieure à la moyenne mais la rétention est meilleure.

  • The Polarizing Shows : la qualité est supérieure à la moyenne mais sa rétention est inférieure.

  • The Danger Zone : la qualité et la rétention sont inférieures à la moyenne.

Voilà où se classent une trentaine de premières saisons de séries Netflix sorties ces dernières années :

En gardant le même code-couleur, je vais désormais placer ces séries sur un autre axe qui montre la progression des audiences de ces séries entre les premiers jours de la saison 1 et les premiers jours de la saison 2 et l’attente entre les deux saisons, en semaines.

Voilà ce qu’on obtient :

Les plus grosses chutes sont pour des séries dont la saison 1 proviennent de la Danger Zone (rouge) ou de The Polarizing Shows (orange), ce qui parait assez logique. Quasiment toutes les séries de la zone Elite (en vert) sont au-dessus de la moyenne sauf la saison 2 de Beef. Selon moi, l’explication est vraiment simple puisqu’il s’agit d’une série anthologique où chaque saison est unique. Les fans de la saison 1 n'y ont donc pas retrouvé les personnages qu’ils ont appréciés au cours de la saison 1 et cette histoire-là avait une fin définitive. On demande ici aux fans de répondre plus au concept qu’aux personnages et à l’histoire, ce qui me parait assez compliqué.

Les cas d’Avatar: The Airbender et One Piece sont aussi assez intéressants à regarder parce que ce sont deux adaptations de licences ultra-connues et c’est vraiment à double tranchant, comme on peut le voir. Soit l’adaptation semble ratée pour ses fans, comme pour Avatar et la chute est prononcée, soit l’adaptation est réussie et les fans sont proportionnellement plus au rendez-vous de la saison suivante, même si le grand public, attiré par la mise en avant et la promo autour de la sortie de la saison 1, a sans doute déserté les rangs.

C’est aussi un des biais d’IMDb, à savoir que les titres “geek” y sont bien plus notés que les titres young adult ou même romantiques. Donc cela entraine des biais assez forts, dont je suis conscient.

Le GOAT ici est Squid Game bien évidemment qui se permet d’avoir le délai le plus long entre la sortie de ses deux premières saisons et la meilleure augmentation d’audience sur ses premiers jours. Dans ce cas précis, la longue attente a joué en faveur du titre.

Dernière comparaison intéressante de cette partie : celle entre Nobody Wants This, Running Point et The 4 Seasons, trois comédies qui ont sorti leur saison 2 à peu près un an après la saison 1 et qui ont des destins assez variés qu’on peut assez facilement attribuer à la qualité perçue de chaque série, celle mieux reçue en saison 1 ayant le meilleur maintien au lancement de la saison 2 et celle ayant eu la moins bonne réception en saison 1 ayant le moins bon maintien au lancement de la saison 2.

De la saison 2 à la saison 3.

Au-delà de la saison 1, il ne reste que les fans et cela donc change forcément les choses. Ils ne sont pas forcément plus indulgents envers la qualité de la série (la moyenne médiane est la même que pour la saison 1) mais il sont un peu plus fidèles, ce qui monte mécaniquement la rétention médiane. Voilà ce que cela donne pour les saisons 2, avec les variations par rapport à la saison 1.

De nombreuses séries glissent vers la Danger Zone du fait de la remontée de la médiane de rétention tandis que la saison 2 de Bridgerton montre une exceptionnelle rétention par rapport aux autres.

Ce glissement de qualité perçue entraine de fait un glissement aussi des audiences de la saison suivante, la 3ème et ce, même si le délai de sortie de la saison fut plus rapide que pour la saison 2.

NDlA: La moyenne médiane est la même pour toutes les saisons au-delà de la saison 3.

C’est notamment le cas pour My Life With the Walter Boys, The Lincoln Lawyer, XO, Kitty et Squid Game même si dans son cas, le lancement de la saison 3 reste supérieur au lancement de la saison 2. C’est ça d’être un phénomène. The Lincoln Lawyer est la série qui semble pâtir le plus de la réception médiocre de la saison 2, alors que l’écart de sortie entre les saisons reste le même.

Beauty in Black est peut-être le seul exemple ici où je me dis qu’une sortie rapide (chaque saison sort en deux parties espacées de quelques mois, ce qui réduit grandement l’attente) a joué en sa faveur puisque la saison 3 est revenue avec une progression assez exceptionnelle sur ses premiers jours, mais on pourrait aussi l’expliquer par le fait que la qualité perçue de la saison 2 a fortement augmenté par rapport à la saison 1. Les fans aiment ce qu’ils voient et ils reviennent donc toujours plus fort, ce qui explique sans doute pourquoi la série a été renouvelée pour une saison 4 alors que la saison 3 devait être la dernière.

De la saison 3 à la saison 4.

Pour ce passage de la saison 3 à la saison 4, on va rester sur The Lincoln Lawyer parce que sa saison 3 a connu un vrai rebond en qualité perçue par ses téléspectateurs et elle revient dans la zone Elite après être passée dans la zone de danger.

Et cela se traduit automatiquement par une hausse forte de ses audiences au lancement, même si le délai de sortie est sensiblement le même que les saisons précédentes. C’est vraiment l’exemple le plus parlant que le délai importe moins que la qualité perçue, ce qui à nouveau me parait tellement logique que c’est assez ahurissant de devoir en faire une analyse aussi longue pour en arriver à ce point.

On voit aussi que la saison 4 de The Witcher a fortement baissé au lancement, notamment à cause du recasting de son personnage principal. Outer Banks aussi a baissé au lancement de sa saison 4 mais c’est aussi parce que les 3 premières saisons formaient un arc cohérent avec un début, milieu et fin, et que la saison 4 a tenté de relancer une autre histoire mais une partie des fans n’a pas voulu réembarquer (comme moi).

Enfin, Virgin River, Emily in Paris et Bridgerton semblent immunisés au déclin à la sortie de la nouvelle saison avec des hausses ou des baisses très limitées. Leur qualité perçue par le public d’IMDb n’est sans doute pas la même que celle du grand public du fait de leur cible. A noter aussi la performance de Sweet Magnolias dont la saison 4 affiche un meilleur retour que la saison précédente, mais cette saison 3 avait été mieux reçue par les fans et cela rejaillit donc au lancement de la saison 4.

De la saison 4 à la saison 5.

Au fur et à mesure que les saisons passent, on commence à manquer d’exemples mais cette fois-ci, on accueille Stranger Things qui se classe assez logiquement dans la zone élite suite à la sortie de sa saison 4. C’est bien plus compliqué pour Outer Banks dont l’indice de qualité baisse fortement pour sa saison 4 (suite à la mort d’un personnage très aimé qui a bien divisé les fans). Sweet Magnolias saison 4 a aussi été beaucoup moins bien reçue.

De fait, les séries qui ont eu des saisons bien moins reçues sont en baisse plus ou moins forte, comme la saison finale de You, Outer Banks et Sweet Magnolias (annulée depuis).

Emily in Paris est un cas assez particulier, je trouve, puisque la série fluctue énormément de façon indépendante de sa qualité perçue par son audience ou du délai entre les saisons. Stranger Things montre aussi que l’attente peut jouer pour toi si et seulement si une série arrive à accrocher ses téléspectateurs. Là aussi, ça parait assez logique.

Conclusion

Une longue attente entre deux saisons a-t-elle un impact sur les visionnages d'une série en streaming ? Au vu de tous les chiffres mentionnés dans cette analyse et en prenant en compte les biais inhérents à IMDb, je pense que l’on peut répondre “Oui, mais pas forcément de la manière attendue.”

Les données montrent qu’il n’existe aucune corrélation linéaire simple entre “plus d’attente” = “moins de visionnages”. Des séries ayant attendu 3 ans ont vu leur audience au lancement augmenter tandis que des séries ayant attendu 1 an ont vu leur audience au lancement s’effondrer.

Mais il y a clairement un effet multiplicateur de tendance du délai entre les saisons.

  • Pour les séries évènement, l’attente longue est un atout. Le délai crée un effet de manque et de rendez-vous culturel et l’attente ne fait pas oublier la série. Elle transforme sa sortie en évènement incontournable, comme ce fut le cas pour Stranger Things, Squid Game, Wednesday et dans une moindre mesure Bridgerton et Ginny & Georgia.

  • Pour les séries du “tout-venant”, qui ont un décrochage moyen et une satisfaction correcte, l’attente semble être fatale au-delà de 18 mois. Ici, l’attente agit comme un poison lent et ces séries ne sont pas détestées mais elles sont simplement “oubliées”. En-dessous de 18 mois, si la qualité de la saison se maintient, l’audience tient bon. C’est peut-être pour cela que Netflix a tendance à renouveler certaines séries pour plusieurs saisons directement, pour tenter de faire en sorte qu’elles sortent plus vite.

  • Enfin, pour les séries en crise, avec un décrochage fort et/ou une baisse de qualité et/ou un format anthologique, l’attente est le coup de grâce et même si elle n’est pas forcément la seule cause de la chute, elle en amplifie la violence.

Il y aussi une distinction à faire entre des séries qui s’inscrivent dans des univers déjà connus et qui bénéficient de prime abord d’un pool d’audience potentiel très fort au lancement de la saison 1 et celles qui sont complètement originales et dont la nouveauté attire plus fortement de nouveaux téléspectateurs sur la longueur. C’est pour cela notamment que comparer The Pitt et Rings of Power, ou Squid Game à One Piece me parait un peu trop simpliste.

Bref, tout cela pour dire que le temps ne tue pas les séries. Il tue seulement celles qui n'ont pas réussi à créer un lien émotionnel assez fort avec leur public pour survivre à l'oubli. Pour les autres, il est le meilleur allié pour transformer un lancement en phénomène mondial.

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